... Indépendamment
des esclaves et des marchandises qu'ils portent pour les blancs,
les marchands amènent sur la côte de Gambie du fer natif, des gommes
odorantes et du shétoulou, ce qui signifie littéralement "beurre
d'arbre" ou beurre végétal. Ce beurre est extrait d'une espèce
de noix, par le moyen de l'eau bouillante, ainsi que je l'expliquerai
par la suite. Il ressemble au beurre ordinaire et en a la consistance...
Les populations locales en font une grande consommation et par conséquent
il est toujours très recherché...
...Les habitants
étaient toujours occupés à recueillir les fruits de l'arbre "shea"
Cet arbre croît abondamment dans toute cette partie du Bambara.
Il n'est pas planté par les habitants, mais on le trouve croissant
naturellement dans les bois. Lorsqu'on défriche les forêts pour
cultiver la terre, on coupe tous les arbres, excepté les "sheas"
Cet arbre ressemble
beaucoup au chêne américain, et le fruit, avec le noyau duquel,
séché au soleil et bouilli dans l'eau, on prépare le beurre végétal,
ressemble un peu à l'olive d'Espagne. Le noyau est enveloppé d'une
pulpe douce, que recouvre une mince écorce verte.
Le beurre qui
en provient, outre l'avantage qu'il a de se conserver toute l'année
sans sel, est plus blanc, plus ferme à mon goût, qu'aucun lait de
vache que j'aie jamais mangé. La récolte et la préparation de cette
précieuse denrée semble faire un des premiers objets de l'industrie
africaine, tant dans le royaume des Bambaras, que dans les pays
environnants. C'est un des principaux articles du commerce intérieur
de ces contrées.
... Peu de temps
après le "douty" m'envoya chercher et me permit de coucher
dans un grand ballon, en un coin duquel était un four destiné à
faire sécher des fruits de "shea' Il contenait environ un demi-charreté
de ce fruit sous lequel était un feu de bois clair. On me dit qu'au
bout de trois jours, le fruit serait en état d'être pilé et bouilli,
et que le beurre préparé de cette manière était préférable à celui
qu'on faisait avec le fruit séché au soleil...